La méditation devient de plus en plus importante dans la vie quotidienne, au travail et maintenant à l'école. Son entrée dans le monde de l'éducation est-elle aussi innocente qu'il y paraît? Comment la transition progressive de la méditation dans la section sur la santé des médias à la section "Éducation"? expliquer?

L’entrée de cette pratique, à l’origine religieuse et bouddhiste, dans le monde de l’éducation publique et laïque soulève une série de questions sur la définition, ses modalités, ses liens avec l’apprentissage et ses objectifs. Avec l'avènement de la méditation dans les écoles, pouvons-nous éclairer un exercice spirituel?

de Edouard Gentaz, professeur de psychologie du développement, la méditation donne des résultats encourageants mais certainement douteux dans la lutte contre l’anxiété, la gestion du stress et une meilleure conscience de soi.

L’émergence de cette pratique est soutenue par les professionnels de santé et le psychiatre Christophe André a connu un grand succès dans les librairies en soulignant les avantages de la méditation dans les hôpitaux et dans la vie quotidienne. Son intégration dans les programmes de recherche et les cours de médecine universitaire est devenue monnaie courante Strasbourg, Paris ou Montpellier.

Du monde du travail à l'éducation

En tant que méthode de gestion du stress, la méditation ne peut intéresser que la communauté des gestionnaires. Mindfulness a donc acquis en quelques années une réputation auprès de tous les coachs et entreprises de développement personnel en faisant de cette pratique un outil au service de tous.efficacité entrepreneuriale et une meilleure employabilité de l'employé.

D'autre part, les progrès de certaines études semblent légitimer l'utilisation de la méditation en démontrant ses avantages pour la structure et la fonction du cerveau. Matthieu Ricard, très populaire moine tibétain et docteur en génétique cellulaire, souligne constamment l’importance de interactions entre méditation et neurosciences ainsi que le but spirituel de cette pratique. Le succès éditorial deEline Fast et en premier lieu celui de son travail Calme et pensif comme une grenouille, présenté par Christophe André, semble être un premier pas vers l’intégration dans le monde de l’éducation. À la suite de ces livres, vous devenez une sorte de méthode d'enseignement, les publications pour présenter la méditation aux enfants sont balayées.

Entre pédagogie et détente

Ces succès dans les médias – et les forces reconnues par la faculté elle-même – en font un outil pédagogique introduit dans divers systèmes éducatifs pour améliorer le bien-être, l'attention et la performance des étudiants. comme au Canada ou aux Pays-Bas.

Avec la méditation, nous évoquons les émotions, l'attention, la bienveillance et la résilience de l'enfant. La question est donc de savoir comment cette pratique, l’origine spirituelle et qui affecte la psychologie et l’inconscient, s’applique dans l’éducation publique. Quand les professeurs le présentent dans leur classeEst-ce vraiment une question de méditation? Ou devrions-nous plutôt voir un outil pédagogique, des séances de relaxation ou de la sophrologie?

leassociation pour la méditation en enseignement semble coordonner de nombreux projets sans réelle évaluation et des résultats évaluables sont donnés. Un programme international avec le nom MBSR (Réduction du stress basée sur la pleine conscience) est défini comme un protocole pour l’utilisation de la méditation dans l’enseignement.

Cette intégration dans le domaine de l’éducation est activement soutenue par émergences, une organisation qui essaie de diffuser toutes les idées et pratiques de développement personnel. Nous retrouvons dans cette association Christophe André, Mathieu Ricard, Frédéric Perez, Ilios Kotsou, Frédéric Lenoir ou Céline Alvarez, qui ont publié le livre ensemble. transfert, une sorte de recueil de relations entre développement personnel et éducation.

Un cadre pour discuter

La nature religieuse de la méditation est généralement évitée, mais il semble néanmoins nécessaire de mener une véritable réflexion sur le fait d'intégrer une pratique spirituelle dans l'éducation publique laïque. Il est nécessaire de savoir à quelles fins la méditation est pratiquée: simple relaxation, exercices de respiration, développement de l’attention pour promouvoir l’apprentissage, réduction de la violence à l’école, émancipation personnelle ou amélioration de l’employabilité d'un futur employé.

Cette pratique peut-elle être compatible avec l'école laïque? Est-ce à l'école d'apprendre la pleine conscience? Si c'est le cas, les enseignants doivent être formés. En se concentrant sur la "conscience" des enfants, se pose la question de la responsabilité de l'école et du personnel enseignant.

Aucun choix n'a encore été fait par l'école qui laisse libre cours à toutes les actions et à la définition de la méditation remplacement de punition. L’éducation nationale doit se poser la question des interventions de plus en plus nombreuses mais également disparates d’associations pas toujours agréées et de l’intérêt croissant des enseignants pour cette pratique qui ouvre effectivement un champ de perspectives inexplorées.La conversation

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