Des produits ultra-transformés, nocifs pour le corps?

Pépites, frites, lasagnes surgelées … Les aliments ultra-transformés sont-ils des produits soumis à différents processus de transformation, remplis d’additifs, de sel, de sucre et pauvres en bons nutriments nocifs pour l’organisme? Des chercheurs français spécialisés en épidémiologie alimentaire ont tenté de répondre à cette question. Ils ont examiné les effets de ces produits sur la santé.

Leur étude, publiée lundi 11 février dans le magazine Jama médecine interne et relancé par l'Agence France Presse (Equilibre Plus), repose sur les données de 44 551 Français ayant participé à une vaste enquête en ligne dénommée NutriNet-Santé, créée en 2009. Les volontaires étaient constitués de 73% de femmes et de plus de 45 ans.

Aux fins de l’étude, chacun a donné la composition de son assiette – nourriture et boisson – plusieurs fois par jour. Selon les estimations des chercheurs, les produits ultra-transformés représentaient 14,4% de leur consommation totale (exprimée en poids de produit alimentaire) et 29% de leur apport énergétique total.

Une augmentation de 15% de la mortalité

Premier constat: après 60 ans, 602 personnes sont décédées, 219 à cause d'un cancer. Après une analyse approfondie, les chercheurs ont découvert qu’une augmentation de 10% des produits ultra-transformés dans l’alimentation était accompagnée d’une mortalité supérieure de 15%.

En d'autres termes, plus le régime des participants est ultra-transformé, plus le risque de mortalité est élevé. Cependant, si les scientifiques établissent aujourd'hui une corrélation entre les deux éléments, ils disent qu'il n'est pas possible de dater pour prouver qu'il existe une relation de cause à effet.

Une étude à prendre avec une pince à épiler

Selon l'étude, différentes hypothèses peuvent expliquer ce phénomène. Parmi ceux-ci, des additifs dont un quart sont suspectés d'être nocifs.

"Ne soyez pas alarmant pour le public et prétendez que manger un repas préparé comporte un risque de mortalité supplémentaire de 15%. ", rassure Mathilde Touvier, interviewée par l'Equilibre Plus.

Pour le directeur de l'équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle de l'Université Paris 13, en partie responsable de l'étude NutriNet-Santé, "c'est une nouvelle pierre angulaire dans la recherche sur les liens entre les aliments ultra-transformés et la santé".

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