Le cancer du col utérin est une maladie évitable dans 9 cas sur 10. Si nous savons le détecter, il reste encore 3000 nouveaux types de cancer et 1100 décès par an en France. Infection génitale impliquée dans certains virus, le virus du papillome humain (VPH), les plus redoutables sont les VPH 18 et 16. Dans 90% des cas, le virus disparaît spontanément en un an. Mais comme il est camouflé, il peut également dormir dans les cellules du corps. Lors d'une infection ou lors de sa réactivation, il provoque les premières lésions précancéreuses, qui passent souvent inaperçues.

Le frottis sauve des vies

D'où l'intérêt d'une détection précoce, grâce à un frottis "cervico-utérin" consistant à prélever des cellules du col de l'utérus pour identifier celles en cours de cancer. En pratique, le frottis est recommandé tous les 3 ans à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux espacés d'un an).

Grâce à ce test, le nombre de cancers a été réduit de moitié. " Le dépistage permet d'identifier les lésions précancéreuses le plus rapidement possibledéclare Stéphanie Barré, responsable du programme de dépistage du cancer de l'utérus à l'Institut national du cancer (INCA), de les contrôler ou de les traiter si nécessaire et d’empêcher ainsi le développement du cancer. Si un cancer est détecté, les soins seront souvent moins sévères et permettront de maintenir la fertilité de la femme et la condition de son col utérin. Le pronostic sera également meilleur dans le cas d’une tumeur traitée le plus tôt possible. ".

30 à 50% des femmes ne sont pas testées

Et pourtant, le cancer du col utérin est l'un des seuls cancers dont le taux de survie diminue, selon l'Inca. En effet, trop de femmes évitent le dépistage: 48% des 50-65 ans ne lubrifient pas et 33 à 35% des jeunes. Les femmes après 50 ans sont les moins dépistées. Bien que ce soient ceux qui présentent le risque de cancer le plus élevé (diagnostic d'âge moyen: 51 ans, âge moyen de décès: 64 ans), certains abandonnent la surveillance gynécologique lorsqu'ils n'ont plus besoin de contraception. D'autres maladies chroniques attirent également l'attention des médecins.

C'est pourquoi le dépistage organisé est progressivement mis en place dans le cadre du 3ème plan cancer 2014-2019, afin de donner aux femmes l'accès à un dépistage régulier. Ceux qui ne sont pas lubrifiés depuis plus de 3 ans recevront une invitation par courrier à leur domicile, leur permettant de bénéficier d'une couverture de l'examen à 100%. Ceci peut être pratiqué par des médecins généralistes, des gynécologues, des sages-femmes et d’autres professionnels de la santé (laboratoires de biologie médicale, infirmières). Si 80% des femmes sont dépistées, la prévalence et la mortalité du cancer du col utérin diminueront de 30% en dix ans.

En route pour un nouveau test à domicile?

Un autre test plus efficace est la séparation du frottis aux Pays-Bas ou en Italie: le test HPV vaginal. Ceci détecte l'ADN du virus HPV. Plus important encore, il peut être utilisé pour l'auto-collecte à domicile, pour les femmes qui refusent d'être examinées ou qui sont retirées du système de santé. Les autorités sanitaires décideront en 2019 de leur place dans le dépistage. Un test HPV urinaire est en phase de recherche.

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