Internet au Burkina Faso : Un panel pour réfléchir sur sa bonne utilisation

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En marge de la Semaine Nationale de l’Internet (SNI) qui se tient du 22 au 24 2018, l’Initiative pour la Gouvernance de l’Internet organise la 6e édition du forum national de la gouvernance de l’Internet au Burkina Faso ce samedi 24 novembre 2018. Ce forum qui se tient sous le thème : « Gouvernance de l’internet et civisme au Burkina Faso », permettra aux acteurs de la gouvernance de l’internet de réfléchir et de formuler des recommandations qui garantiront la liberté, la quiétude, la vie privée et la sécurité de toutes les populations dans les cybers espaces au Burkina Faso.

Kisito Traoré, SG du Ministère de l’économie numérique et des postes

Quelques années à peine ont suffi pour que l’internet révolutionne l’humanité toute entière. « Il est devenu le tissu de prédilection de la communication » et son potentiel ne cesse de croitre, a dit Kisito Traoré, Secrétaire Général (SG) du Ministère de l’Economie numérique et des postes, qui indique que pour « gérer, promouvoir et protéger » la présence de l’internet dans notre vie quotidienne,  une forme de gouvernance s’impose. C’est dans ce sens, à l’en croire, qu’a été institué un cadre de concertation et de dialogue inclusif multilatéral, multipartite et multidisciplinaire qui se concrétise par l’organisation annuelle d’un forum mondial et de fora régionaux et nationaux sur les questions de politiques publiques relatives aux enjeux clés de la gouvernance de l’internet.

Organisé autour du thème : « Gouvernance de l’internet et civisme au Burkina Faso », ce forum permettra aux participants de faire une « transposition » au niveau national et d’approfondir les réflexions du 6e forum Ouest-africain tenu à Ouagadougou les 26 et 27 juillet 2018, du 7e forum africain tenu du 4 au 6 novembre 2018 à Khartoum au Soudan, et du 13e forum mondial organisé à Paris du 12 au 24 novembre 2018. Le choix de ce thème, selon M. Traoré, se justifie par le développement remarquable, ces dernières années au Burkina Faso, du cyber-activisme, notamment  au niveau de la frange jeune de la population.

« Le réseau est menacé par un usage extrémiste de ses services… »

Les participants au forum sur l’Initiative sur la Gouvernance de l’Internet

Même si l’utilisation de l’internet présente des opportunités dans le cadre de la promotion des droits humains et de la liberté d’expression, il faut reconnaitre qu’il y a aussi des contraintes et vices liés au cyber-activisme. « Le réseau est menacé par un usage extrémiste de ses services et la liste des menaces du net s’allonge de jour en jour », a regretté M. Traoré, qui déplore que ce lieu, qui jadis berceau d’échanges constructifs, de recherche de connaissance, de savoir et de services sociaux indispensables à l’épanouissement de l’humanité, soit en passe de se transformer en un « espace de non droit ». Mais, « le cyber espace n’est pas un espace de non-droit », martèle-t-il, avant d’indiquer qu’il est plus qu’urgent dans ce sens, de « mener des discussions franches pour une régulation intelligente de l’internet sans pour autant impacter la liberté d’expression ».

Ce forum, pour lui, constitue un lieu d’apprentissage et de veille pour les acteurs nationaux sur les défis et les opportunités de l’internet. Il devra, poursuivant ces objectifs, permettre de « faciliter les échanges d’information et de bonnes pratiques autour des politiques multisectorielles, des normes et approches règlementaires qui garantissent un accès équitable et abordable ainsi qu’une bonne gestion  des ressources fondamentales de l’internet ».

Cette édition de la Gouvernance de l’internet a donc pour ambition de faciliter des discussions productives sur les questions de politiques publiques liées à l’internet de façon générale et en particulier, la question des droits et devoir du citoyen, de sorte à permettre le développement durable du Burkina Faso tout en impliquant toutes les parties prenantes. Ce forum permettra aussi de maximiser la possibilité d’un dialogue ouvert et inclusif, et l’échange d’idées sur la gouvernance de l’internet et des questions connexes ; de cerner les nouveaux enjeux liés à ces technologies émergentes, et les porter à l’attention des organes compétents et du grand public ; de contribuer au renforcement des capacités des parties prenantes sur la gouvernance de l’internet.

Hermann Ouédraogo, président de la plateforme Initiative pour la Gouvernance de l’Internet

Il a invité les participants à des réflexions franches à même de contribuer à une meilleure gouvernance de l’internet au Burkina Faso, une gouvernance profitable, dit-il, au bien-être des populations.

Pour Hermann Ouédraogo, président de la plateforme Initiative pour la Gouvernance de l’Internet, même si l’utilisation d’internet permet aujourd’hui de faire la promotion des droits humains, de la démocratie et de la liberté d’expression, force est d’admettre que le réseau connait, de plus en plus, une « utilisation moins noble », à savoir la diffamation, la cyber-discrimination, etc. Le thème de cette présente édition, selon lui, interpelle tous les acteurs de la gouvernance de l’internet à réfléchir et à formuler les recommandations qui garantiront la liberté, la quiétude, la vie privée et la sécurité de toutes les populations dans les cybers espaces.

Armand Kinda

Infowakat.net