Les filles sur le catwalk… Dans les coulisses des Miss

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Miss Auvergne, Tahiti, Normandie, Aquitaine, Limousin, Martinique, Languedoc-Roussillon, Franche-Comté et Poitou-Charentes patientent en ligne, en bodies pastels, collants opaques noirs et talons de 8 centimètres.

Tout de noir vêtu, perché sur des mocassins à talonnettes, leur coach de catwalk (démarche) les fait défiler une par une dans le hall d’un luxueux hôtel de l’Île Maurice, où les trente prétendantes à la couronne de Miss France se trouvent en voyage de préparation pour la cérémonie du 15 décembre à Lille.

« Là, je galère »

« Tu casses un peu les bras, regarde droit devant toi. Donne plus d’énergie… Les épaules vers le bas. Poum poum poum, garde le rythme, c’est top ! » Arnaud Sol Dourdin, spécialiste des défilés, donne la cadence. A Miss Tahiti : « Tu me refais ça lors du prime, c’est top ! Lâche tes cheveux pour voir ? Super ! » Il reprend Miss Auvergne : « Quand tu poses, ton genou à l’intérieur. C’est ça, et pose le pied sur la tranche. Voilà ! Tu l’as naturellement ». Miss Martinique se lance comme une pro. « Pose, mains sur les hanches et go, vas-y, vas-y, go, go, go ! » Miss Auvergne répète avec Miss Aquitaine le « retourné ». « Là, je galère » glisse-t-elle doucement à sa copine. On reprend. « Go, go, go ! C’est incroyable depuis le début tu n’es plus la même, Auvergne. Pareil pour Languedoc et Tahiti » lance le coach au bout de deux heures d’allers et retours. « Là vous êtes au point, mais si vous ne travaillez pas régulièrement, dans deux jours vous perdez tout, alors travaillez, travaillez, promettez-le moi. Il faut l’intégrer dès le départ. Faites-le entre vous, prenez une copine, faites-le en vous amusant, comme un cours de salsa ».

« Si vous y pensez, vous tomberez »

Les demoiselles évaluent l’exercice en choeur : « Il faut de la rigueur ! Il faut être pétillante, solaire, avoir de l’énergie et garder le sourire ». N’ont-elles pas peur de tomber le soir de l’élection, retransmise en direct sur TF1 et suivie par 8 millions de téléspectateurs ? « Si vous y pensez, si vous avez peur, avec le stress, ça arrive, vous tomberez. Mettez-vous dans une bulle, concentrez-vous, et vous n’y penserez même pas » leur conseille le coach.

Maquilleur dans la mode dans les années 80, Arnaud Sol Dourdin n’a jamais lâché cette première passion. Il continue aujourd’hui à jouer de la palette, mais uniquement sur le visage des VIP. C’est grâce à son passé de petit rat de l’opéra que peu à peu, les grandes agences ont fait appel à lui pour entraîner leurs jeunes mannequins à défiler sur les podiums. « Un bon catwalk, c’est quand c’est naturel et qu’on se dit qu’elles ont marché comme ça toute leur vie. Les filles doivent avoir cette grâce naturelle qu’elles auront tellement bossée que ça fera partie d’elles ».

« Je ressemblais à un Chinois de 94 ans »

Coach des Miss depuis 2010, Arnaud Sol Dourdin accompagne les prétendantes puis les lauréates le plus loin possible dans les concours. Il a notamment préparé Iris Mittenaere à Miss Univers : « Je suis là pour les donner des armes. Pour concourir à Miss Univers ou Miss Monde, les filles doivent savoir se préparer seule, rouleaux chauffants, maquillage, faux cils… Iris s’est préparée chez moi, aux Buttes Chaumont à Paris. Il fallait qu’elle s’entraîne à être plus rapide pour se préparer. Au début elle mettait 1h30. À force de le faire tous les jours, elle est passée à 30-40 minutes. Je l’ai aussi entraînée à marcher sur le parking du garage de mon immeuble, avec des talons de 16 centimètres, réglementaires pour Miss Univers. Le soir où elle a été élue, je ressemblais à un Chinois de 94 ans ! Je souriais et je pleurais en même temps. Heureusement, j’avais mis du mascara waterproof, on est prévoyant dans ces cas-là ! »

L’un de ses meilleurs souvenirs ? « Malika Ménard. Je l’ai vraiment vue sortir de son cocon. Elle était tellement réservée. Elle pleurait avec sa coiffure, son maquillage, elle me disait qu’elle n’y arriverait jamais, ses rouleaux chauffants sur la tête. Je lui maquillais un œil, elle devait reproduire le make-up sur le deuxième. A force de persévérance, elle s’est métamorphose. Ces filles qui se révèlent, ces filles tellement méritantes, ce sont elles qui m’ont le plus marqué ».